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Transversales Santé de Paris
Innovation
Mardi 18 septembre 2007
de 18h30 à 20h30 - Paris Biopark
La biologie intégrative : une nouvelle
lecture des pathologies
Plus la biologie et la médecine avancent,
plus la complexité du vivant semble se
faire grande. Ainsi, en thérapeutique,
l'efficacité d’une molécule et son absence
de toxicité ne découlent pas seulement
de sa liaison à une cible, mais aussi
d’interactions moléculaires et cellulaires
indépendantes de cette action.
Pour mieux comprendre la cellule et ses
dérèglements, et donc pour mieux traiter
les maladies, il faut parvenir à intégrer
les multiples données disponibles.
Cette biologie « intégrative » ou
« systémique » permet de modéliser des
réseaux cellulaires faisant intervenir des
centaines de molécules, de simuler leur
fonctionnement et de proposer des
explications physiopathologiques.
Illustration avec quatre exposés qui
montreront comment l’intégration de
nombreuses données fondamentales
permet de bâtir de nouvelles stratégies
thérapeutiques.
Pourquoi la
génomique est-elle devenue intégrative ?
Marie Montus,
responsable du département
Evaluation Thérapeutique, Généthon,
Evry
Les pathologies complexes mettent en
jeu un grand nombre de gènes, de
régions du génome non codantes, d'ARN
et de protéines qui s'influencent les uns
les autres et sont sous l’influence de
facteurs de l'environnement.
La génomique intégrative vise à décrypter
ces interactions. Pour cela, elle s'attache
à intégrer toutes les données existantes
au niveau du génome (par exemple,
concernant les SNP, polymorphismes d’un
simple nucléotide), du transcriptome
(les « profils » d'ARN) et du protéome.
Elle peut ainsi aider à analyser quels
peuvent être les effets biologiques des c
ombinaisons de médicaments et mettre
en évidence des biomarqueurs
permettant de distinguer le normal du
pathologique ou de caractériser la
réponse à une thérapeutique.
Des progrès sur lesquels les industries
biotechnologiques et pharmaceutiques
devraient miser de plus en plus.
La modélisation prédictive au service du
progrès médical : le cas Creutzfeldt-Jakob
François Iris,
président et directeur scientifique de
Bio-Modeling Systems (BM Systems),
Paris
La maladie de Creutzfeldt-Jakob est un
désordre neurodégénératif causé par une
forme anormalement repliée de la
protéine PrP, le prion ou « PrPres ».
Toutefois, les mécanismes de la
neurodégénérescence n’ont pas trouvé
d’explication satisfaisante. BM Systems a
conçu des méthodes innovantes de
« biologie intégrative » qui ont engendré
un modèle théorique de ces mécanismes
pathologiques. Les prédictions de ce
modèle, testées par expérimentation in
vivo en collaboration avec le CEA de
Fontenay-aux-Roses, ont conduit à une
description détaillée du rôle joué par le
prion et à l’explication des particularités
cliniques de cette maladie.
La modélisation dynamique de
phénomènes physiopathologiques
complexes et l’identification de cibles
thérapeutiques
Todor Vujasinovic,
cofondateur et directeur de la
modélisation d’Helios Biosciences,
Créteil.
La recherche en
physiopathologie humaine, dont un
objectif majeur est l’identification de
nouvelles cibles thérapeutiques, requiert
la prise en compte de la complexité des
fonctions physiologiques cellulaires.
En général plus de cent gènes ou
protéines sont impliqués dans un
comportement cellulaire, formant
des réseaux d’interactions et de
signalisation dont l’analyse nécessite la
mise en œuvre de modèles
mathématiques reproduisant certains
aspects de ces comportements, par
essence dynamiques. De tels modèles
dynamiques permettent de réaliser des
simulations « in silico ». Nous avons
utilisé un modèle de ce type comme un
outil d’aide à la décision pour identifier
de nouvelles cibles thérapeutiques.
Horloges circadiennes et
chronothérapeutique des cancers
Francis Lévi,
directeur de l'unité Inserm U776
« Rythmes biologiques et cancers »,
Université Paris-Sud 11, Hôpital Paul
Brousse, Villejuif
Jean Clairambault,
chercheur dans l'unité U776 et à l'Inria
(Institut national de recherche en
informatique et en automatique)
Il est aujourd'hui avéré que les rythmes
circadiens influencent l'évolution des
cancers et leur réponse aux traitements
au cours du temps.
La chronothérapeutique a pour but
d'adapter l'administration des traitements
aux horloges moléculaires afin
d'améliorer leur efficacité et de limiter
leurs effets secondaires. Le projet
européen TEMPO (Temporal Genomics
for Tailored Chronotherapeutics,
www.chrono-tempo.org
) a pour ambition d'optimiser la
tolérance et l'efficacité des traitements
anti-cancéreux. Ce projet utilise les outils
de la biologie intégrative pour identifier
les interactions entre horloges
circadiennes, métabolisme des
médicaments anti-cancéreux et cycle de
division cellulaire afin de concevoir et
mettre au point des schémas
personnalisés d’administration
chronothérapeutique.
Grand témoin
Bernard Roques,
Professeur émérite à l'Université Paris
Descartes, vice-président et directeur
scientifique de la société Pharmaleads,
ancien directeur de l'unité
« Pharmacochimie moléculaire et
structurale »
(Inserm, CNRS, Université Paris 5)

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