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Développement économ../POLES INNOVANTS PARI../POLE SANTÉ/DOSSIERS SANTÉ/Recherche cardiovasc../3ème Partie : Aterovax, une start-up contre l’athérosclérose

Aterovax, une start-up contre l’athérosclérose

 

Voilà seulement dix ans, parler de mécanismes inflammatoires pour caractériser la genèse de l’athérosclérose, la maladie vasculaire à l’origine des infarctus du myocarde, aurait fait sourire plus d’un cardiologue. A Paris, une jeune pousse issue de travaux académiques en a fait son credo, et s’est lancée à l’assaut de cette forteresse avec deux projets complémentaires. 

 

L’athérosclérose, la formation de plaques d’athérome dans les artères de moyen et gros calibre, est la première cause de mortalité dans le monde. La rupture de certaines plaques, instables ou vulnérables, est en effet à l’origine de bouchons (thrombus) dans les artères, qui provoquent infarctus du myocarde et accidents vasculaires cérébraux et plus de 13 millions de décès chaque année (près de 23 % des décès en 2005). La prévention de la formation des plaques d’athérome et la réduction du risque de leur rupture représentent donc un marché pharmaceutique colossal.

Sur un secteur aussi concurrentiel, une société de biotechnologie a tout intérêt à savoir danser sur deux pieds et à faire rapidement ses preuves. Aterovax, start-up fondée en 2006, a donc décidé de s’appuyer sur deux projets, dont l’un permettra de générer dès 2009 des revenus, escompte-t-elle.

 

 

Fiche d’identité

 

Création en 2006 - Incubation depuis mars 2007 à Paris Biotech Santé (Hôpital Cochin, Paris)
Un laboratoire dans la faculté de pharmacie où travaillent en permanence un ingénieur, un chef de projet et deux techniciens.

Effectifs : 7 salariés

Financement : 3 M€ en provenance du fonds SEFTI (Specialized European Fund for Therapeutic Innovation) de la Société Générale Asset Management (SGAM)

Contacts :

Dominique SURUN
CEO, dsurun@aterovax.com

Neïla HAJEM
Responsable administrative, nhajem@aterovax.com

24, rue du Faubourg Saint Jacques
75014 PARIS

 

 

                      
Un modèle de développement à deux temps

 

Le premier projet vise à développer un test de dosage d’un biomarqueur de prédiction du risque de rupture de la plaque d’athérome ; le second, de plus long terme, tentera de mettre au point un traitement immunothérapeutique capable de prévenir ou de stopper la formation des plaques d’athérosclérose.

« La stratégie de l’entreprise a été pensée pour que les revenus de sortie du premier projet permettent d’autofinancer partiellement le second », explique Mme Dominique Surun, directrice générale d’Aterovax, un médecin ayant un long parcours dans l'industrie pharmaceutique (Rhône-Poulenc Rorer, 3M Pharmaceuticals, Johnson & Johnson, etc.). Pour compléter cette part autofinancée, Dominique Surun compte nouer des partenariats ndustriels. « Nous pensons que des industriels seront intéressés par le caractère extrêmement innovant, voire révolutionnaire, de notre projet d’immunothérapie, d’autant que nous aurons démontré la crédibilité d’Aterovax avec le projet biomarqueur, précise-t-elle. Différentes études et plusieurs contacts montrent en effet que les pharmas veulent investir désormais de plus en plus tôt, en fin de phase de preuve de concept ou en préclinique, et non plus en phases cliniques. Avec la fin des brevets sur les blockbusters, les industriels raisonnent maintenant pour retrouver une capacité d’innovation, et ils la cherchent dans les biotechs. »

 

 

Les atouts d’un dosage enzymatique

En quoi consiste donc le projet biomarqueur ? Il est fondé sur les travaux de l’équipe d’Alain Tedgui et Ziad Mallat (Inserm U689, Centre de recherche cardiovasculaire Lariboisière). Ces chercheurs ont découvert que le risque d’accident cardiovasculaire peut être prédit en dosant l’activité d’une enzyme, la phospholipase A2 sécrétée (PLA2s). En effet, parmi des malades atteints d’un syndrome coronarien aigu grave, ceux dont l’activité PLA2s est la plus élevée ont un risque de récidive ou de décès par infarctus du myocarde trois fois plus élevé que les patients dont le taux de PLA2s est bas. La PLA2s joue en effet un rôle d’activateur de l’inflammation, un processus dont l’équipe de Lariboisière, notamment, a montré qu’il joue un rôle moteur dans le basculement des plaques vers l’instabilité, qui les rend dangereuses.
     
               

  

Les fondateurs d’Aterovax

 

Alain Tedgui,
Inserm U689, directeur du Paris-Centre de recherche cardiovasculaire (PARCC@HEGP), Paris

Ziad Mallat,
Inserm U689, Paris.

Gabriel Steg,
Département de cardiologie, hôpital Bichat, Inserm U698.

Joëlle Benessiano,
Responsable du Centre de ressources biologiques (CRB) de l'hôpital Bichat.

Jean-Marie Freyssinet,
Institut d'hématologie et d'immunologie,  Strasbourg

Dominique Surun,
CEO

Eric Viaud,
Conseiller du fonds SEFTI

Inserm Transfert

 

 

L’objectif d’Aterovax est donc de commercialiser un test diagnostique et pronostique dosant l’activité de la phospholipase A2 sécrétée auprès des industriels de la biologie clinique. Par rapport aux autres marqueurs de l’athérosclérose, la détection de la PLA2s est très spécifique du risque de déstabilisation de plaques instables, et donc du risque d’accident de thrombose.

Au-delà du diagnostic et du pronostic, la théranostique, autrement dit l’alliance du diagnostic et de la thérapeutique, est considérée comme un marché en devenir qui pourrait déboucher sur une « médecine personnalisée ». Les industriels ont intérêt à disposer de tests prédictifs qui leur permettraient d’une part de sélectionner les patients participant aux essais thérapeutiques, et donc d’économiser temps et argent, et d’autre part de destiner leurs produits aux malades qui pourront en bénéficier le plus, ce qui permettrait aux firmes de négocier des prix élevés avec les autorités de santé.

 

 

Question d’opportunité

 

La montée en puissance de la théranostique tombe donc à point nommé pour Aterovax. « C'est cela l'innovation : arriver au bon moment avec un bon produit, analyse Dominique Surun. Il y a dix ans, notre test n’aurait été qu’un diagnostic banal. Aujourd’hui, il pourra peut-être jouer un rôle décisif en accompagnement du développement et de l’utilisation de médicaments, ou comme aide à la détermination rigoureuse de stratégies thérapeutiques. »

 


Plaque d’athérosclérose
Source: Department of Pathology, University of Pittsburgh

 

Le traitement immunothérapeutique, second projet d’Aterovax, s’annonce lui aussi comme une innovation d’importance. Reste à le prouver en pratique clinique, ce qui ne sera pas une mince affaire. Les projets d’immunothérapie concurrents cherchent à provoquer une réaction par anticorps contre les lipoprotéines LDL (Light Density Lipoproteins), constitutives du « mauvais cholestérol » en cause dans la formation des plaques d’athérosclérose. Par rapport à ces derniers, le produit d’Aterovax aurait en théorie l’avantage d’entraîner une réponse très spécifique d’un antigène de la plaque d’athérosclérose et d’éviter les effets secondaires liés à une mauvaise tolérance de la réaction par anticorps.

Cette approche immunothérapeutique repose, là encore, sur une découverte de l’équipe d’Alain Tedgui et Ziad Mallat : chez la souris, une sous-population de lymphocytes T régulateurs (les Treg) est capable d’inactiver les cellules T qui favorisent l’inflammation des plaques artérielles. L’objectif du projet est de démontrer que des combinaisons bien choisies de  peptides issus de LDL oxydées peuvent stimuler durablement et spécifiquement ces Treg et ainsi inhiber l’inflammation et la formation de plaques d’athérome instables. Un premier essai clinique pourrait être lancé en 2011, si tout va bien.

 

Pour en savoir plus

 

www.aterovax.com   

A. Tedgui, Z. Mallat (2006)
Cytokines in Atherosclerosis: Pathogenic and Regulatory Pathways, Physiol Rev 86: 515-581. doi:10.1152/physrev.00024.2005
http://physrev.physiology.org/cgi/content/full/86/2/515

A. de Reyniès (2007)
IL18 et PLA2s ou comment trouver des biomarqueurs cardio-vasculaires sans vraiment les chercher, Inserm Actualités N° 207, novembre-décembre 2007 ; http://www.inserm-actualites.fr/index.php?id=792

Sur la théranostique, voir la Transversale santé d’avril 2008 sur les biomarqueurs http://www.parisdeveloppement.com/fileadmin/user_upload/animation/Transversales/Syntheses/Synthese_Transversale-15-04-08.pdf 


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