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Dossier Biopuces 2007

 
Serial Genetics : des biopuces contre les maladies génétiques



Installée au sein de la Génopole d’Evry, la société Serial Genetics s’est spécialisée dans le développement et la commercialisation de kits de diagnostic médical sur biopuces. « Beaucoup de travaux académiques aboutissent à des projets de diagnostic moléculaire. Notre savoir-faire permet de les transformer en véritables trousses de diagnostic médical possédant le marquage CE et donc commercialisables dans toute  l’Europe », explique Christophe Valat, cofondateur et directeur de Serial Genetics. Pour cela, l’entreprise exploite sa technique propriétaire HairLoopTM, qui permet d’analyser tous les types possibles de mutations de l’ADN, de la simple base modifiée aux grandes délétions. « Cette technique est capable de différencier deux séquences différant seulement d’une base parmi six cents, et elle permet donc de développer des tests de diagnostic très fins et très fiables », précise Christophe Valat.



 Détecter les mutations
Première application : un test de diagnostic de la mucoviscidose, HairLoop CF49, qui sera lancé en septembre 2007. Il repose sur l’analyse des 49 mutations les plus fréquentes du gène CFTR en cause (sur quelque 1 300 mutations connues). Ce test permettra aux laboratoires agréés pour le dépistage de cette maladie génétique de n’utiliser qu’un seul test au lieu de plusieurs actuellement, souligne Christophe Valat.
Serial Genetics compte proposer en 2008 deux autres tests diagnostiques fondés sur la technologie HairLoopTM. L’un concernera l’hémochromatose, une maladie génétique fréquente caractérisée par une surcharge en fer, l’autre la bêta-thalassémie, maladie de l’hémoglobine dont la forme homozygote est mortelle chez l’enfant et dont le dépistage est assuré actuellement par des technologies de « reverse dot-blot » ou d'électrophorèse en gel dénaturant (DGGE).
Autre projet à l’horizon 2009, un test de dépistage du cancer de la vessie reposant sur la détection des variations de la quantité de plusieurs biomarqueurs dans l’urine. Ce test, développé sous licence du CHU de Hautepierre à Strasbourg, n’a pas d’équivalent actuellement, selon Christophe Valat.
 

 
 








La technologie HairLoopTM. La puce comprend des sondes d’ADN en « boucle à cheveux » (Hairloop). Pour détecter une mutation ponctuelle, deux sondes HairLoop sont construites et déposées. Seule l’hybridation parfaite d’un fragment d’ADN porteur d’un marqueur fluorescent avec ces sondes ouvre la boucle et engendre un signal détectable. L'hybridation croisée est pratiquement inexistante.
© Serial Genetics

 

 


 La mutuelle des biopuces

Serial Genetics, qui compte aujourd’hui sept salariés, se positionne donc résolument sur le secteur du dépistage des maladies génétiques, délaissé par les sociétés pharmaceutiques et les grands du diagnostic médical. Elle tente parallèlement de contribuer à la mutualisation des ressources en animant le Groupe innovation biopuces d'Evry (GIB). Cette initiative, impulsée par la Génopole d’Evry en 2002, vise à faire en sorte que les acteurs des biopuces d’Ile-de-France disposent de moyens communs, dans un contexte où les ressources sont rares et les besoins assez similaires, précise François Nicolas, président du GIB et cofondateur et directeur du développement de Serial Genetics.
Grâce à une subvention du Conseil régional d’Ile-de-France et de la DRIRE (Direction régionale de l'Industrie, de la Recherche et de l'Environnement), une plate-forme d’équipement en biopuces, l’« Open Biochip Center », a été mise en place dans les locaux de Serial Genetics. Cette structure met à la disposition des entreprises et des laboratoires académiques un équipement de biopuces à basse densité (bioanalyseur Agilent, spotter Affymetrix, analyse d’images et de données, etc.) utilisable à prix coûtant. Une offre peu connue, suffisante pour la réalisation de la plupart de travaux de recherche, et qui permet de contourner les difficultés d’accès aux plates-formes de biopuces de la région Ile-de-France.
Un équipement mutualisé de préparation de la surface des puces (silanisation) est par ailleurs disponible dans les locaux de la société Genewave, à Palaiseau (voir cet article). En outre, le GIB a permis la mise à disposition d’un test de diagnostic génétique de la maladie de Charcot Marie-Tooth (une neuropathie héréditaire) auprès de l’hôpital de Limoges, suite à une collaboration entre les sociétés Serial Genetics, Imstar et Genescore.
Des études sur la propriété intellectuelle des biopuces et des actions de communication et de marketing ont par ailleurs été lancées en commun. Un regroupement utile, donc, mais d’ambition forcément limitée. « Le secteur des biopuces n’est malheureusement pas très florissant en France et ni les pouvoirs publics ni les financiers ne semblent s’y intéresser, bien que les petites sociétés qui le composent soient souvent innovantes, regrette François Nicolas. Est-ce dû au décalage entre les ’’promesses’’ des années 1990 et la réalité, ou bien au fait que ce secteur se situe à l’interface entre science et technologie ? » La question est posée...




Pour en savoir plus

www.serialgenetics.com

Open Biochip Center
www.genopole.org/infrastructures/fr/open-biochip-center/index.htm






 
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