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Dossier Biopuces 2007

 

PartnerChip : du service à la recherche en génétique


Contrairement à ce que l’on croit généralement, les maladies génétiques sont un véritable problème de santé publique puisque globalement – on en compte près de six mille – elles affectent 3 à 5 % de la population du continent européen, soit plus vingt millions de personnes. La grande majorité restent sans diagnostic ni traitement. Or, lorsque le gène muté en cause est connu, un diagnostic génétique peut être utile même en l’absence de thérapeutique curative pour proposer un diagnostic prénatal aux familles et améliorer la qualité de vie des patients. En effet, l’évolution de certaines maladies génétiques peut être ralentie par une prise en charge respiratoire, cardiaque, orthopédique, nutritionnelle, etc. la plus précoce possible. C’est le cas par exemple de la myopathie de Duchenne, qui touche un garçon nouveau-né sur trois mille, mais qui reste encore mal diagnostiquée de nos jours. Son diagnostic génétique, destiné à confirmer les observations cliniques, exige en effet le séquençage direct du gène de la dystrophine altéré, un gène de très grande taille dont les nombreuses mutations possibles demandent des semaines pour être mises en évidence. Partant de ce constat, Pascal Soularue, fondateur et président de la société PartnerChip, a décidé de lancer, en partenariat avec l’AFM (Association française de lutte contre les myopathies), un projet de développement d’une biopuce ultra-haute densité capable de réaliser un test de diagnostic fiable et rapide de cette myopathie.

 A l’origine, un prestataire de services d’Affymetrix
Le projet peut surprendre ceux qui voyaient en PartnerChip une entreprise de purs services. Et c’est vrai que la société sise à la génopole d’Evry s’est faite connaître pour sa plate-forme Affymetrix de puces à ADN à partir de laquelle elle propose différentes prestations « à façon » tant dans le domaine de l’analyse de l’expression des gènes que dans celui du génotypage : conception et montage des expériences, contrôle qualité des échantillons, hybridation des sondes sur les puces, acquisition des images résultantes, analyse et validation des données, etc. Toutefois, cette phase nécessaire n’a été conçue, dans l’esprit de son fondateur, que comme le moyen de générer des revenus pour les réinvestir dans des recherches. Pascal Soularue avoue garder de ses quinze années de pratique de la génétique humaine au Centre d'étude du polymorphisme humain (CEPH), au Généthon, puis au Service de Génomique fonctionnelle du Commissariat à l'énergie atomique (CEA), la volonté d’être avant tout utile aux patients atteints de maladies génétiques. 

La technologie GeneChip d’Affymetrix
Image courtesy of Affymetrix



 Un essaimage du CEA

PartnerChip, qui compte aujourd’hui cinq salariés, a été créée en 2005 dans les locaux du Service de Génomique fonctionnelle du CEA et avec le soutien de cet organisme – le salaire du fondateur étant pris en charge pendant dix-huit mois – dans le but de créer une offre de services à destination des industries de la santé, de l'agroalimentaire et des biotechnologies. L’équipement de puces ultra-haute densité se voulait être complémentaire de la plate-forme de production de puces du CEA, conçue elle pour la recherche académique. Les quelques cent vingt mille euros nécessaires à son acquisition ont été réunis sur fonds propres du fondateur et à l’aide d’un prêt bancaire.  « Par la suite, curieusement, ce sont surtout les laboratoires académiques qui nous ont contactés malgré le prix relativement élevé des prestations, profitant de financements européens, confie Pascal Soularue. Mais nous bénéficions de conditions idéales pour l’hybridation sur puces, et les industriels, conscients de la qualité de nos réalisations, imposée d’ailleurs par le cahier des charges d’Affymetrix, sont de plus en plus demandeurs eux aussi. » Une progression qui devrait assurer la rentabilité de l’entreprise deux ans seulement après sa création.

 Etre pourvoyeur de solutions
Cette offre est en passe d’être complétée par d’autres types de puces à ADN – technologies Operon et NimbleGen, puce CATMA (Complete Arabidopsis Transcriptome MicroArray) d’étude du transcriptome de la plante modèle Arabidopsis thaliana – par une puce de reséquençage du génome mitochondrial (MitoChip d’Affymetrix), et par des services exploitant des puces à protéines (ProtoArray d’Invitrogen) et à microARN.
Côté recherche, PartnerChip envisage de développer ses propres puces pour des projets « pourvoyeurs de solutions » notamment dans un cadre européen :  en cancérologie, avec la réalisation du « profil transcriptionnel » des cancers du sein en liaison avec les traitements hormonaux (dans le cadre du consortium EuroTrans-Bio), sur les maladies liées au métabolisme hépatique du fer, sous les auspices du projet européen EUROIron, ou encore pour la production de médicaments par les plantes (l’un des programmes du projet ERA-PG, European Research Area in Plant Genomics).
La société contribue en outre au projet Biotype de Medicen Paris Région, axé sur le génotypage appliqué au cancer de la prostate. Ces activités de recherche devraient être facilitées par le statut de « Jeune entreprise innovante » (1) et l’accès au Crédit impôt recherche (2) dont PartnerChip compte bénéficier en 2008.

(1) Allègements d’impôts et des cotisations sociales dès lors que les dépenses de R&D représentent au moins 15 % des charges.
(2) Réduction d'impôts liée aux dépenses de R&D.



Pour en savoir plus

www.partnerchip.fr






 
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