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Roman Vincent, gérant de Kylotonn Entertainment

 

La France peut devenir le fleuron de la création et du développement du jeu vidéo !

 

Présentez-nous votre structure...

Roman Vincent : Au départ, il y a un studio de développement qui réalisait aussi de la production sous l’entité « RVP ». Puis, nous avons créé Kylotonn en 2006 qui nous sert de label et de studio de développement. Les deux structures produisent et développent des jeux d’action sur PC. Plus concrètement nous développons des produits avec notre propre technologie.

 

Mais vous, quel est votre parcours ?

Roman Vincent : J’ai effectué des études d’histoire de l’art et de graphisme. Puis j’ai travaillé au sein d’un grand groupe de communication jusqu’à l’arrivée de la technologie 3D.

 

Quel a été votre premier succès ?

Roman Vincent : Nous avons eu la chance d’avoir réalisé pour Wanadoo Editions un titre à succès «Iron Storm» qui s’est vendu à 300 000 exemplaires. Aujourd’hui notre produit phare c’est «Bet on Soldier» qui offre un plus grand confort de jeu (HD et compatibilité AGEIA) et de nouvelles fonctionnalités.

 

Comment définiriez-vous votre modèle économique ?

Roman Vincent : Le développement du jeu vidéo connaît des pics d’activité qui requièrent une grande flexibilité dans la gestion des fonds et des compétences. Par exemple, pour développer un jeu on a besoin de 15 concepteurs et de 45 personnes en production sur un temps limité. Autre problème, pour développer un jeu il nous faut trouver des fonds d’amorçage pour lancer la production d’un prototype. Il nous faut ensuite nous rapprocher d’un distributeur qui vendra le titre au niveau international (92% du marché). Après accord sur le prix de vente et la quantité, le distributeur nous verse un acompte qui sert à financer le développement et la production du jeu.

 

Comment financez-vous votre activité ?

Roman Vincent : Ce sont les fonds propres qui portent notre activité. Mais nous avons la chance d’avoir été suivis par la HSBC, une banque qui a cru en notre potentiel. L’aide des pouvoirs publics comme le fonds d’aide à l’édition multimédia, le CNC, nous octroie une certaine latitude. Pour que notre secteur soit économiquement viable, il ne nous faut pas des aides « perfusion » mais des aides remboursables qui témoignent de notre rentabilité.

 

L’arrivée des pôles de compétitivité est-elle une bonne chose pour le secteur ?

Roman Vincent : Nous avons la chance de bénéficier d’un pôle labellisé « Cap digital ». Il va permettre une meilleure lisibilité du fonctionnement du secteur sur le plan économique notamment. Pour la première fois, les acteurs qui pourraient être concurrents avancent sur des dossiers techniques avec la volonté d’avancer et non pas d’aller à la chasse aux subventions. Je suis membre de la commission du pôle et Kylotonn fait partie des 14 sociétés partenaires labellisées pour participer au projet «Play All» aux côtés de Darworks, France Télécom, de laboratoires d’université et bien d’autres. L’objectif de ce projet est de mutualiser nos savoir faire que l’on soit TPE ou PME ou encore un grand laboratoire de recherche. Chaque studio a sa spécialité qui le place leader sur un marché, Play-All est le ciment pour qu’une chaîne de production puisse se mettre en œuvre. Cela nous permettra à tous d’échanger et de parler le même langage. J’espère que cela aura les retombées attendues à savoir pérenniser les studios de développement de jeu français et offrir des opportunités de croissance… Mais surtout de créer une chaîne de production de Middleware pour tous les studios français.
C’est à ce prix que la France peut devenir un fleuron en création et en développement de jeux vidéo.

 

Comment voyez-vous la France sur le marché international ?


Roman Vincent : Actuellement l’écart de chiffre d’affaires réalisé par pays est abyssal. En tête on trouve les USA puis le Japon, la Chine, l’Inde et la France. Toutefois, ce rapport peut s’inverser car le jeu vidéo est une industrie basée sur les nouvelles technologies d’une part et d’autre part basé sur la créativité. Il est donc crucial que le pôle de compétitivité joue pleinement son rôle afin que nous soyons à nouveau dans la course.

 

Et l’avenir ?

Roman Vincent : Avec les pôles de compétitivité on a pris conscience que l’on a perdu beaucoup de savoir faire. De nombreux développeurs et programmeurs français sont partis au Canada par exemple. Par ailleurs, nous avons en France un capital créatif important. Il ne faut pas oublier qu’un jeu c’est de la technologie mais d’abord un scénario et une accroche visuelle artistique. Aujourd’hui, la dématérialisation des échanges change la donne. On assiste à la fin de l’ère des dinosaures. La vente d’un jeu peut se faire directement sur internet et de moins en moins en magasin.

 


Fiche d’identité

Kylotonn Entertainment
Gérant : Roman VINCENT
2 structures :
- RVP
Effectif : aucun
Capital social : 8000€
CA 2006 : 750 K€
- Kylotonn Entertainement
Création : 2006
Effectif : fin 2006 15 salariés et 30 indépendants en free lance
Capital social : 5000€
CA estimé pour 2006 : 750 K€
R&D : 40% du CA

 

Contacts
  
Kylotonn Entertainment
47 rue de Charonne 75011 PARIS
Tél. : 01 40 21 08 88
Fax : 01 40 21 08 90
www.kylotonn.com
r.vincent@kylotonn.com

 

 

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