
«Notre activité cyclique rend difficile la gestion financière»
Présentez-nous votre société ?
Antoine Villette : Darkworks, société de création et de développement de jeux vidéo, a été créée en 1997. Cette société est le fruit d’un concours de circonstances. Avec un associé, nous avons racheté la société dans laquelle on travaillait. L’effectif est actuellement de 45 personnes qui se répartissent équitablement entre programmeurs et créatifs.
De quel horizon professionnel venez-vous ?
Antoine Villette : J’ai travaillé dans le marketing, la communication et l’enseignement. Mais la passion du jeu vidéo a été plus forte. Quels freins rencontrez-vous dans votre activité ?
Antoine Villette : La nature de l’activité de la création et du développement de jeux vidéo est cyclique et orientée à l’international. La commercialisation d’un jeu est similaire à un projet de cinéma, il peut s’étaler sur 3 ans. Il nous est très difficile de faire coïncider masse salariale et activité. Il nous manque des aides de toute nature pour parvenir à équilibrer nos ressources financières et maintenir la pérennité de l’entreprise.
Comment faîtes-vous malgré tout pour développer votre activité ?
Antoine Villette : La nature de nos contrats fait que nous ne pouvons pas recruter des compétences de façon continue. Alors on développe un réseau de relations, des indépendants qui travaillent en free lance dans nos pics d’activités.
Vous vous êtes mobilisés pour favoriser l’essor des entreprises de votre secteur?
Antoine Villette : En 2001, j’ai créé et présidé jusqu’en 2005, l’« APOM », association de producteurs d’œuvre multimédia. Cette association professionnelle a compté jusqu’à 500 adhérents. Son objectif était de travailler sur l’environnement juridique et économique du secteur en France. Cette opération voulait fédérer les développeurs indépendants qui animent un tissu industriel pas suffisamment reconnu. Nous avons œuvré sur la reconnaissance professionnelle de ce secteur, en faveur du fonds d’aide, du crédit d’impôt,…
Vous allez participer au salon E3. Qu’en attendez-vous ?
Antoine Villette : C’est la troisième fois que nous serons présents sur ce salon international. Cette manifestation nous permet de renforcer notre réseau clients, nos sous-traitants et l’ensemble de nos partenaires au sens large. Avoir l’opportunité d’être présents physiquement sur ce type de salon professionnel nous permet de réaliser une veille concurrentielle et de prendre le pouls de la profession. On peut observer les tendances des produits qui sortent et déceler les produits à venir.
Quel avenir pour votre secteur ?
Antoine Villette : Le secteur des jeux vidéo se décompose aujourd’hui en plusieurs sous-secteurs. Il y a les jeux pour mobiles, pour PC ou encore pour consoles. Et encore, il faut compter avec les consoles portables qu sont en plein essor. Je pense qu’un nombre limité d’acteurs va se partager le marché avec l’appui de sous-traitants pour répondre à la demande. On risque d’assister à une concentration du secteur.
Quelles peuvent être les conséquences pour votre entreprise ?
Antoine Villette : Pour occuper les premières places du marché, il faut avoir une puissance de frappe technologique. Notre effectif devrait passer à 100 personnes. La conséquence, il nous faut multiplier par deux nos investissements pour espérer ainsi doubler notre chiffre d’affaires.
Avez-vous un projet en cours ?
Antoine Villette : Oui. Mais vous savez, la discrétion est de mise dans notre secteur. Ce que je peux vous dire c’est que ce contrat est à la fois un contrat de production et de distribution.
Fiche d’identité
Date de création : 1997 Effectif : 45 personnes R&D : investissement qui représente 25% du CA CA : 3M€ Clients : 25 clients
Contacts
Darkworks 38 rue du Sentier 75002 Paris Tél. : 01 44 76 95 00 Site : www.darkworks.com Mail : a.villette@darkworks.com
Interview C.Rollinde < > Interview F.Bihour
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